voyage aléatoire au détour du Web
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Airspeeder, des courses de voitures volantes


Déjà dans les années 60, on nous promettait des robots majordomes, des blocs opératoires automatisés et des voitures volantes. 70 ans plus tard, toujours aucune trace de ces voitures dans notre quotidien. Pourtant, une startup américaine nommée Airspeeder, fondée il y a tout juste 10 ans par l’entrepreneur australien Matt Pearson, souhaite faire de ce rêve une réalité. Son idée : organiser des courses de véhicules volants électriques. Matt Pearson s’inspire de Jacques Schneider, un pilote d’avion et de ballons français qui a détenu un temps le record d’altitude en ballon. Ce dernier, s’étant vu interdire de vol à la suite d’un accident, a découvert un hydravion à Monaco. C’est l’avion du futur, il en est sûr. En 1912, il crée ainsi la Coupe d’aviation maritime Jacques Schneider. Dotée d’un prix de 25 000 francs or, cette course se déroule au-dessus de l’eau et rassemble jusqu’à 200 000 spectateurs.

Matt Pearson souhaite contribuer de la même façon à l’évolution de la voiture électrique volante à travers le « Trophée » Airspeeder. Une course dans un environnement tridimensionnel où les bouées sont remplacées par des portails virtuels flottants. Il souhaite susciter une forte émulation autour de son projet afin de créer les véhicules volants de demain, que ce soit pour le transport de personnes, le fret ou encore les interventions d’urgence.

On ne peut s’empêcher de faire l’analogie avec La Menace fantôme, opus de La Guerre des étoiles sorti en 1999 et qui a marqué les esprits avec sa course de modules. Des véhicules volants monoplaces qui volent à des vitesses dangereuses, parfois mortelles.

Mais pour faire une course, il faut avant tout un véhicule. C’est la raison pour laquelle Matt Pearson, à travers sa société Alauda Aéronautics, s’est lancé dans la création d’un véhicule monoplace hybride entre voiture de course et drone. Dotée de joysticks pour le pilotage, sa voiture futuriste est truffée de capteurs et d’IA qui assurent le contrôle en vol et l’anti-collision. Ses modèles totalisent aujourd’hui plus de 400 vols. Le 13 octobre dernier marque un tournant important avec l’entrée dans la compétition du constructeur américain DeLorean. La marque s’est associée aux ingénieurs de l’université de Californie à Berkeley et de Georgia Tech pour la partie recherche et développement.

Pour le moment, ces futurs bolides sont contrôlés à distance. Pour des raisons de sécurité, ils n’embarquent pas encore de pilote. Mais cela ne devrait plus tarder. Comme le mentionne Cameron Wynne, le directeur de DeLorean, cela fait bientôt 40 ans que le public s’imagine qu’une DeLorean vole ; il est temps de rendre cela réel.

Source : Business Insider

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Espace

Voyage virtuel à travers l’univers

Lumina est la plus grande simulation cosmologique à ce jour, retraçant l’histoire de l’univers. Il s’agit d’un travail conjoint entre des chercheurs du MIT, de l’université de Dallas et de l’université d’Harvard. Son objectif est de retracer les premiers moments de l’univers, et ce pendant deux milliards d’années. Cette simulation permet aux scientifiques de tester leurs théories sur l’évolution de l’univers juste après le Big Bang. Les prédictions faites par Lumina servent aussi à mieux appréhender le fonctionnement de l’univers et à s’assurer que les lois qui le gouvernent sont correctes ou si certaines doivent être corrigées ou reconsidérées. Techniquement, elle utilise plus de 100 000 processeurs et 7 500 unités de traitement graphique.

La vidéo ci-dessous représente la traversée d’un halo massif où des galaxies deviennent visibles vers la fin de la séquence. Elle illustre la distribution de la densité de matière noire, de la densité et de la température du gaz, de la métallicité du gaz, ainsi que de la lumière stellaire au sein du système.

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Photographie

Yashima Y16 un appareil rétro 4K au format séduisant

La marque Japonaise Yashima annonce la sortie d’un appareil rétro de poche le Yashima Y16. L’appareil actuellement en pré-commande sera doté d’un capteur de 12Mp avec une focale de f=4.05mm et une ouverture F/1.8. Doté d’un zoom x4, la mise au point se fait à partir de 45cm. Ce pocket est doté d’un flash xénon et d’un écran 1.45″ LCD. Les photos sont au format JPEG avec deux ratios possibles 4:3 ou 16:9. Pour la vidéo le fichier de sortie est de type mp4 avec les résolutions suivantes : 4K 22fps; 2.7K 30fps; 1080P 60fps; 720P 60fps/30fps. Enfin l’appareil est doté de 8 filtres rétros. Son petit boîtier se décline en 7 couleurs.

En précommande pour environ 100 euros sur le site de Yashima

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Informatique

Orange va câbler l’Irlande


Orange annonce une collaboration avec Equitix, l’un des principaux investisseurs européens, et MDM, un concepteur irlandais de systèmes de câbles sous-marins, pour la mise en place d’un nouveau câble sous-marin nommé Pisces. Ce projet est destiné à renforcer les connexions numériques de l’Irlande avec le bloc européen dans le cadre du programme européen « Connecting Europe Facility » (CEF) et de l’objectif « Global Gateway » de Bruxelles. Il vise à répondre à la demande croissante de débit entre l’Irlande et le continent, avec l’avènement de l’intelligence artificielle, mais aussi à assurer plus de résilience au niveau de l’infrastructure irlandaise et de sa connexion aux autres pays européens.

Le nouveau câble sera doté de 16 fibres et partira de Galway, en Irlande, pour rejoindre Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, puis Sopelana, au Pays basque espagnol, et enfin Carcavelos, au Portugal, à proximité de Lisbonne. Sa longueur totale sera de 3 125 km. Les câbles sous-marins constituent aujourd’hui un enjeu vital et forment la colonne vertébrale des échanges numériques.

L’Irlande concentre de nombreux centres de données, des entreprises spécialisées dans le cloud et l’IA, et héberge des hyperscalers. Pisces va ainsi permettre d’augmenter les capacités déjà présentes sans transiter par le Royaume-Uni. Son déploiement est prévu en 2028.

Source : Orange, Alloforfait.fr, Telesatellite.com

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Informatique

Les IA les plus utilisées dans le monde


La société A16Z présente la septième édition du classement des 100 applications d’intelligence artificielle grand public les plus populaires sur le Web et les appareils mobiles. Pour la première fois, il ajoute des données sur les dépenses des consommateurs américains afin de pouvoir comparer l’audience et les revenus.

L’usage de l’IA est désormais répandu, mais souvent occasionnel : près de la moitié des Américains déclarent l’utiliser, tandis que 25 % l’utilisent quotidiennement. Seuls 4,5 % des consommateurs américains ont un abonnement payant personnel à ChatGPT, Gemini ou Claude. ChatGPT est largement en tête en termes de fréquentation et d’abonnés payants.

Les dépenses sont très concentrées : les 1 % d’abonnés qui dépensent le plus représentent 19,5 % des dépenses observées. Ils consacrent en moyenne 903 dollars par mois à l’IA, contre 25 dollars pour l’abonné payant médian. La majorité de ces 1 % utilise l’IA pour travailler, principalement pour coder, automatiser ou créer.

Le modèle économique des applications d’IA reste toutefois un obstacle à l’adoption massive : 84 % des produits du classement Web proposent un abonnement et 64 % vendent également des crédits ou facturent à l’usage. Les revenus publicitaires et les commissions sur les transactions sont encore rares, mais pourraient permettre de servir davantage d’utilisateurs sans abonnement obligatoire. L’IA grand public a déjà trouvé un marché rentable auprès des utilisateurs intensifs. Pour toucher le grand public, elle devra s’avérer utile dans davantage de situations quotidiennes et proposer des modèles économiques plus accessibles.

Source : A16Z.news

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Informatique

Un million de tokens

Quand on parle Intelligence Artificielle on évoque inévitablement le mot token. Découvrez à travers cette animation promotionnelle, à quoi correspond un million de tokens.

AnnéeModèle / moteurOrganisationContexte maximal approximatifParticularité
2018GPT‑1OpenAI512 tokensPremier modèle GPT majeur
2019GPT‑2OpenAI1 024 tokensForte amélioration de la génération de texte
2020GPT‑3OpenAI2 048 tokens175 milliards de paramètres
2022ChatGPT — GPT‑3.5OpenAI4 096 puis 16 385 tokensPopularisation des assistants conversationnels
2022LaMDAGoogleEnviron 8 000 tokensModèle spécialisé dans le dialogue
2023GPT‑4OpenAI8 192 puis 32 768 tokensRaisonnement et compréhension améliorés
2023Claude 1.3Anthropic100 000 tokensPremière très grande fenêtre de contexte
2023Claude 2Anthropic100 000 tokensModèle conversationnel long contexte
2023Llama 2Meta4 096 tokensModèle à poids ouverts largement diffusé
2023GPT‑4 TurboOpenAI128 000 tokensContexte beaucoup plus long
2023Claude 2.1Anthropic200 000 tokensDoublement de la fenêtre de Claude
2024Gemini 1.5 ProGoogle1 à 2 millions de tokensTrès grande capacité documentaire
2024GPT‑4oOpenAI128 000 tokensTexte, image, audio et interaction temps réel
2024Claude 3.5 SonnetAnthropic200 000 tokensRaisonnement et programmation améliorés
2024Llama 3.1Meta128 000 tokensModèle ouvert avec long contexte
2024Mistral Large 2Mistral AI128 000 tokensModèle européen performant en texte et code
2025GPT‑4.1OpenAI1 000 000 tokensLong contexte et programmation
2025Llama 4 ScoutMetaJusqu’à 10 000 000 tokensTrès grande fenêtre de contexte
2025Llama 4 MaverickMetaEnviron 1 000 000 tokensModèle multimodal à poids ouverts
2025DeepSeek‑R1DeepSeekEnviron 128 000 tokensModèle orienté raisonnement
2025Mistral Large 3Mistral AI256 000 tokensModèle multimodal à poids ouverts
2026Modèles de nouvelle générationPlusieurs acteursJusqu’à environ 1 000 000 tokensModèles orientés agents, code et raisonnement

Les jalons les plus importants sont le passage de 2 048 tokens pour GPT‑3 en 2020 à 128 000 tokens pour GPT‑4 Turbo en 2023, puis à 1 à 2 millions de tokens avec Gemini 1.5 en 2024. Les modèles ouverts ont ensuite fortement progressé, notamment avec Llama 4 Scout et sa fenêtre annoncée jusqu’à 10 millions de tokens. Ce n’est pas pour autant que ces modèles sont plus intelligents. Cela représente un marqueur pour le volume de texte qui peut être utilisé par un moteur.

Source : Wikipedia, LLM Context Window Growth Timeline

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Mobiles

Apple cède aux sirènes de l’IA


La promesse d’Apple était la suivante : Dans le cadre de l’utilisation de l’intelligence artificielle, il est important de noter qu’Apple s’engage à ne jamais utiliser vos données personnelles pour entraîner son moteur d’intelligence artificielle. Il apparaît que la promesse a été rompue, comme semble l’indiquer la version préliminaire d’iOS 27.

Dans le cadre de son plan de développement en matière d’IA et de l’optimisation de ses services, le géant de la téléphonie mobile a annoncé son intention d’exploiter les données personnelles générées par vos interactions avec l’assistant vocal Siri. Apple annonce également que ces enregistrements sont destinés à l’usage exclusif de ses collaborateurs et ne peuvent être écoutés ou analysés par des tiers. Apple s’engage à garantir la confidentialité des données des utilisateurs, en veillant à ce qu’elles ne soient pas associées à leur compte. En outre, la société met en place des procédures strictes pour éviter toute participation au programme d’amélioration du produit, renforçant ainsi la sécurité et la protection de la vie privée des utilisateurs. En outre, le constructeur s’engage à ne pas conserver vos données de manière permanente, démontrant ainsi son engagement envers la sécurité et la confidentialité des informations de ses clients.

Cette politique constitue une rupture avec les engagements initiaux du constructeur basé à Cupertino. Ce dernier avait auparavant déclaré : « Vos données personnelles et interactions ne seront jamais utilisées pour entraîner nos modèles. »

Apple a récemment dévoilé deux nouveaux produits : des montres connectées dotées d’une fonctionnalité d’écoute permanente. Ces dispositifs innovants offrent aux utilisateurs la possibilité de transcrire les conversations récentes, ainsi que de générer des résumés quotidiens des discussions enregistrées.

Il est indéniable qu’Apple accuse un retard significatif face à ses concurrents sur le marché de l’IA. L’attrait pour cette technologie a semble-t-il pris le dessus sur l’engagement de préserver l’intégrité de vos données personnelles. Apple a toujours défendu cette position, parfois même en déployant des solutions extrêmement complexes, comme sa solution de paiement et son portefeuille électronique.

Source : Heise.de

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Musique

La dernière image de 2PAC

Il y a trente ans, le 7 septembre 1996, le rappeur 2Pac (Tupac Shakur) était victime d’une fusillade dont il allait décéder le 13.

Cette photo de Leonard Jefferson est la dernière image du chanteur ; elle a été prise quelques minutes avant le début de la fusillade. Le photographe a par la suite été appelé à la barre du tribunal comme témoin. Trente ans après les faits, Duane « Keffe D » Davis vient d’être condamné, le 31 août dernier, pour le meurtre de 2PAC, après trois heures de délibération du jury.

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Informatique

TV LG un espion dans le salon


Les nouveaux téléviseurs de LG dotés de la fonction ACR (Automatic Content Recognition) sont extrêmement intrusifs et faillibles.

Votre vie privée est aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises : vos conversations, qu’elles soient écrites ou vocales, l’utilisation d’applications, vos adresses internet, votre localisation, votre opérateur téléphonique, votre borne Wi-Fi, etc. Des centaines de données alimentent aujourd’hui des moteurs d’intelligence artificielle afin de dresser le profil le plus fidèle possible vous concernant. Jamais auparavant les agences de publicité n’ont eu accès à autant de données sur un individu. Leur but est de vous suggérer l’achat de nouveaux produits ou encore le visionnage de programmes. Au-delà des activités mercantiles, ces logiciels sont aussi faillibles et offrent une surface d’attaque à toute personne malveillante qui souhaiterait vous espionner.

Cette vidéo présente une analyse des nouvelles technologies mises en œuvre par la firme coréenne LG afin de capter vos conversations audio et de les transmettre, y compris, semble-t-il, quand vous désactivez le micro. Elle permet également d’analyser l’ensemble des périphériques connectés à votre réseau, qu’il s’agisse de votre montre, de votre purificateur d’air ou encore de votre routeur.

Si vous déconnectez votre téléviseur d’Internet, il tentera de se connecter à partir d’un hotspot public, du Wi-Fi d’un de vos voisins ou de l’infrastructure à laquelle sont connectés 212 millions de téléviseurs de marque LG. Refuser les conditions générales d’utilisation ne fait pas reculer le constructeur, qui continue d’envoyer un identifiant unique et certaines données personnelles.

Pendant ce temps, les institutions s’efforcent de réguler l’accès aux réseaux sociaux à partir d’un âge plancher. Le numérique s’introduit insidieusement dans nos vies quotidiennes. Les États et les régulateurs semblent plus enclins à laisser les entreprises faire de juteux profits par tous les moyens qu’a protéger votre vie privée.

MAJ : En réponse aux préoccupations soulevées, le fabricant tient à préciser que son téléviseur n’est pas doté d’une fonctionnalité d’écoute en continu. Cette fonctionnalité est activée uniquement dans deux cas : lorsque la détection d’une phrase clef est prononcée ou lorsque l’utilisateur appuie sur la touche AI/voix de la télécommande. Le buffer audio est exclusivement employé pour la détection de la phrase clef. Veuillez noter que ces informations ne sont pas transmises à LG. LG précise que l’ACR et la publicité ciblée sont des options disponibles. Le fabricant a évalué la pertinence de la collecte de données environnementales (bornes wifi, périphériques connectés au réseau) et l’a jugée d’intérêt légitime. Cette démarche vise à optimiser les connexions avec les périphériques de streaming ou de reconnaissance vocale (Alexa, Google, etc.).

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Informatique

Réseaux sociaux interdit aux moins de 15 ans : tous en danger


Mardi 21 juillet, le Sénat et l’Assemblée nationale ont adopté une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France. Cette loi s’inscrit dans le prolongement du règlement européen DSA sur les services numériques de 2022 et de la loi SREN de 2025, qui visent à sécuriser et à réguler l’espace numérique. Cette proposition a été adoptée dans le cadre d’une procédure accélérée, car elle était souhaitée par le président de la République, Emmanuel Macron, qui entend faire entrer la loi en application dès la rentrée scolaire de septembre.

La rapporteuse du projet de loi est Laure Miller, élue sous les couleurs de Renaissance au sein du groupe Ensemble pour la République. Cette avocate de formation a fait ses armes dans le bloc de droite, d’abord à l’UMP, puis aux Républicains. Originaire de Reims, elle est aujourd’hui députée de la Marne. Il est également porté par la députée du Morbihan Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, qui siège sous les couleurs du parti Horizons.

Les députés ont entériné le texte par 279 voix contre 81, avec 66 abstentions. Le vote a été majoritairement soutenu par les groupes de droite : Ensemble pour la République, la Droite républicaine, les Démocrates, le groupe Horizons et l’Union des droites. Le groupe écologiste et les socialistes étaient partagés, avec un peu moins de 50 % des voix. La France insoumise a majoritairement rejeté le texte. Le groupe RN s’est quant à lui globalement abstenu.

Le cœur du projet consiste à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans, grâce à une vérification obligatoire de l’âge. Son application se fera en deux phases : dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, puis quatre mois plus tard, le 1er janvier 2027, pour les comptes déjà existants. La France fait figure de pionnière, car elle est le premier pays européen à légiférer et à afficher sa ferme volonté de limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les adolescents.

Il est évident qu’il faut protéger les adolescents, et plus particulièrement les plus jeunes, de l’utilisation des réseaux sociaux. Les risques associés à ces usages ont été listés par l’Anses : altération du sommeil, dévalorisation de soi, comportements à risque, exposition à la violence, etc. Il paraît difficile d’imposer de profondes refontes des plateformes, car celles-ci n’y ont aucun intérêt. Les courriers internes révèlent qu’elles exploitent les vulnérabilités des adolescents pour les maintenir captifs le plus longtemps possible, et qu’elles développent des stratégies de captation de l’attention à partir de flux personnalisés, le tout à des fins mercantiles. De plus, elles opèrent depuis l’étranger, ce qui rend toute action judiciaire difficile à mettre en œuvre.

Cette loi, dont les contours sont flous, soulève toutefois plusieurs interrogations :

Si le texte identifie clairement les réseaux concernés, comme TikTok, Facebook, Instagram, Snapchat ou X, le périmètre reste plutôt flou, même si l’on sait que les sites éducatifs, collaboratifs ou de communication en seront exclus. Les plateformes du Fediverse (Mastodon, Peertube, etc.) sont également concernées.

Quels outils seront utilisés pour vérifier l’âge légal ? Cette vérification sera à la charge des plateformes, qui devront mettre en place un ou plusieurs processus. Si la loi ne prévoit pas d’imposer une vérification de l’âge à chaque connexion, les plateformes suivront-elles cette recommandation ? Le gouvernement ne veut pas d’une estimation de l’age par un système automatisé ou une IA, et semble privilégier une vérification basée sur une identité numérique.

Quelle sera l’efficacité d’un système dont on sait qu’il est largement contourné dans des pays comme l’Australie ou le Royaume-Uni, qui ont déjà recours à ce type de dispositif ? Quelle crédibilité pour un système qui n’impose aucune sanction à ses utilisateurs, parents ou enfants, et dont le risque de condamnation est très modéré pour les plateformes, l’application de la sanction relevant du droit européen (DSA) ? Plus inquiétant encore, la loi prévoit une mesure de censure : en théorie, le gouvernement pourrait aller jusqu’à interdire la plateforme récalcitrante sur le territoire.

Cette loi est-elle constitutionnelle ? Des recours ont d’ores et déjà été lancés auprès du Conseil d’État. En effet, pour contrôler les mineurs, il faudra contrôler tout le monde. Ce qui légitimement suscite des craintes quant à l’anonymat et au « respect de la vie privée ».

Sommes-nous protégés ? À partir du moment où un service tiers de l’État ou d’une société privée est impliqué, le socle de sécurité des plateformes est fragilisé. La France a enregistré plus de 808 incidents liés à des fuites de données, avec une variation annuelle supérieure à 1 000 %. Parmi les services de l’État figurant en tête de liste, on trouve l’ARS, le DMP, France Travail, etc. On estime aujourd’hui que les données de neuf Français sur dix ont fuité et circulent librement. L’authentification qui nous est imposée représente un risque supplémentaire de fuites de données. Dans un périmètre où l’État est censé garantir notre sécurité, il a prouvé à maintes reprises qu’il en était incapable.

On se souvient du discours d’Emmanuel Macron, le 18 janvier 2019, devant les maires de France réunis pour le grand débat national. Il y avait plaidé en faveur d’une levée progressive de toute forme d’anonymat en ligne. Estimant qu’il fallait « distinguer le vrai du faux et savoir d’où viennent les propos et pourquoi ils sont tenus », il oubliait que l’anonymat est un droit associé à la liberté d’expression et de communication, ainsi qu’au droit à la vie privée.

Les grands absents de ce débat sont les jeunes. Cette loi, accouchée dans la précipitation, n’a fait l’objet d’aucune consultation, ce qui, en toute logique, se devait d’être fait. Le gouvernement ne cherche pas à mettre en œuvre une solution destinée à réduire le malaise qui gagne de plus en plus la jeunesse française, comme le montrent les données de Santé Publique France. La mesure apparaît plutôt comme une contrainte sécuritaire supplémentaire visant un système dans lequel les jeunes s’informent et s’organisent.

Cette loi est une coquille vide, car elle ne s’attaque pas aux pratiques qui permettent aux plateformes d’engranger, sur le dos de la jeunesse, des profits colossaux : la publicité et leurs activités mercantiles. La mesure aurait dû faire de l’économie le cœur de cible de la loi. Des mesures certes plus difficiles à obtenir qu’un simple contrôle d’identité, ce qui en dit long sur la moralité et l’impuissance des pouvoirs publics.

Au-delà de la jeunesse utilisée comme cheval de Troie, la mise en place de cette nouvelle loi nous menace tous. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de rappeler les propos d’Édouard Snowden en faveur de la liberté d’expression : Lorsque vous dites « le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n’ai rien à cacher », cela ne fait aucune différence avec le fait de dire « Je me moque du droit à la liberté d’expression parce que je n’ai rien à dire », ou « de la liberté de la presse parce que je n’ai rien à écrire ».

Source : L’Etudiant, La Dépêche, La Nouvelle République, L’ANSES, La Gazette, Aleteia, Technology Review, La Quadrature du Net

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