voyage aléatoire au détour du Web

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Orange va câbler l’Irlande


Orange annonce une collaboration avec Equitix, l’un des principaux investisseurs européens, et MDM, un concepteur irlandais de systèmes de câbles sous-marins, pour la mise en place d’un nouveau câble sous-marin nommé Pisces. Ce projet est destiné à renforcer les connexions numériques de l’Irlande avec le bloc européen dans le cadre du programme européen « Connecting Europe Facility » (CEF) et de l’objectif « Global Gateway » de Bruxelles. Il vise à répondre à la demande croissante de débit entre l’Irlande et le continent, avec l’avènement de l’intelligence artificielle, mais aussi à assurer plus de résilience au niveau de l’infrastructure irlandaise et de sa connexion aux autres pays européens.

Le nouveau câble sera doté de 16 fibres et partira de Galway, en Irlande, pour rejoindre Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, puis Sopelana, au Pays basque espagnol, et enfin Carcavelos, au Portugal, à proximité de Lisbonne. Sa longueur totale sera de 3 125 km. Les câbles sous-marins constituent aujourd’hui un enjeu vital et forment la colonne vertébrale des échanges numériques.

L’Irlande concentre de nombreux centres de données, des entreprises spécialisées dans le cloud et l’IA, et héberge des hyperscalers. Pisces va ainsi permettre d’augmenter les capacités déjà présentes sans transiter par le Royaume-Uni. Son déploiement est prévu en 2028.

Source : Orange, Alloforfait.fr, Telesatellite.com

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Informatique

Les IA les plus utilisées dans le monde


La société A16Z présente la septième édition du classement des 100 applications d’intelligence artificielle grand public les plus populaires sur le Web et les appareils mobiles. Pour la première fois, il ajoute des données sur les dépenses des consommateurs américains afin de pouvoir comparer l’audience et les revenus.

L’usage de l’IA est désormais répandu, mais souvent occasionnel : près de la moitié des Américains déclarent l’utiliser, tandis que 25 % l’utilisent quotidiennement. Seuls 4,5 % des consommateurs américains ont un abonnement payant personnel à ChatGPT, Gemini ou Claude. ChatGPT est largement en tête en termes de fréquentation et d’abonnés payants.

Les dépenses sont très concentrées : les 1 % d’abonnés qui dépensent le plus représentent 19,5 % des dépenses observées. Ils consacrent en moyenne 903 dollars par mois à l’IA, contre 25 dollars pour l’abonné payant médian. La majorité de ces 1 % utilise l’IA pour travailler, principalement pour coder, automatiser ou créer.

Le modèle économique des applications d’IA reste toutefois un obstacle à l’adoption massive : 84 % des produits du classement Web proposent un abonnement et 64 % vendent également des crédits ou facturent à l’usage. Les revenus publicitaires et les commissions sur les transactions sont encore rares, mais pourraient permettre de servir davantage d’utilisateurs sans abonnement obligatoire. L’IA grand public a déjà trouvé un marché rentable auprès des utilisateurs intensifs. Pour toucher le grand public, elle devra s’avérer utile dans davantage de situations quotidiennes et proposer des modèles économiques plus accessibles.

Source : A16Z.news

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Informatique

Réseaux sociaux interdit aux moins de 15 ans : tous en danger


Mardi 21 juillet, le Sénat et l’Assemblée nationale ont adopté une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France. Cette loi s’inscrit dans le prolongement du règlement européen DSA sur les services numériques de 2022 et de la loi SREN de 2025, qui visent à sécuriser et à réguler l’espace numérique. Cette proposition a été adoptée dans le cadre d’une procédure accélérée, car elle était souhaitée par le président de la République, Emmanuel Macron, qui entend faire entrer la loi en application dès la rentrée scolaire de septembre.

La rapporteuse du projet de loi est Laure Miller, élue sous les couleurs de Renaissance au sein du groupe Ensemble pour la République. Cette avocate de formation a fait ses armes dans le bloc de droite, d’abord à l’UMP, puis aux Républicains. Originaire de Reims, elle est aujourd’hui députée de la Marne. Il est également porté par la députée du Morbihan Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, qui siège sous les couleurs du parti Horizons.

Les députés ont entériné le texte par 279 voix contre 81, avec 66 abstentions. Le vote a été majoritairement soutenu par les groupes de droite : Ensemble pour la République, la Droite républicaine, les Démocrates, le groupe Horizons et l’Union des droites. Le groupe écologiste et les socialistes étaient partagés, avec un peu moins de 50 % des voix. La France insoumise a majoritairement rejeté le texte. Le groupe RN s’est quant à lui globalement abstenu.

Le cœur du projet consiste à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans, grâce à une vérification obligatoire de l’âge. Son application se fera en deux phases : dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, puis quatre mois plus tard, le 1er janvier 2027, pour les comptes déjà existants. La France fait figure de pionnière, car elle est le premier pays européen à légiférer et à afficher sa ferme volonté de limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les adolescents.

Il est évident qu’il faut protéger les adolescents, et plus particulièrement les plus jeunes, de l’utilisation des réseaux sociaux. Les risques associés à ces usages ont été listés par l’Anses : altération du sommeil, dévalorisation de soi, comportements à risque, exposition à la violence, etc. Il paraît difficile d’imposer de profondes refontes des plateformes, car celles-ci n’y ont aucun intérêt. Les courriers internes révèlent qu’elles exploitent les vulnérabilités des adolescents pour les maintenir captifs le plus longtemps possible, et qu’elles développent des stratégies de captation de l’attention à partir de flux personnalisés, le tout à des fins mercantiles. De plus, elles opèrent depuis l’étranger, ce qui rend toute action judiciaire difficile à mettre en œuvre.

Cette loi, dont les contours sont flous, soulève toutefois plusieurs interrogations :

Si le texte identifie clairement les réseaux concernés, comme TikTok, Facebook, Instagram, Snapchat ou X, le périmètre reste plutôt flou, même si l’on sait que les sites éducatifs, collaboratifs ou de communication en seront exclus. Les plateformes du Fediverse (Mastodon, Peertube, etc.) sont également concernées.

Quels outils seront utilisés pour vérifier l’âge légal ? Cette vérification sera à la charge des plateformes, qui devront mettre en place un ou plusieurs processus. Si la loi ne prévoit pas d’imposer une vérification de l’âge à chaque connexion, les plateformes suivront-elles cette recommandation ? Le gouvernement ne veut pas d’une estimation de l’age par un système automatisé ou une IA, et semble privilégier une vérification basée sur une identité numérique.

Quelle sera l’efficacité d’un système dont on sait qu’il est largement contourné dans des pays comme l’Australie ou le Royaume-Uni, qui ont déjà recours à ce type de dispositif ? Quelle crédibilité pour un système qui n’impose aucune sanction à ses utilisateurs, parents ou enfants, et dont le risque de condamnation est très modéré pour les plateformes, l’application de la sanction relevant du droit européen (DSA) ? Plus inquiétant encore, la loi prévoit une mesure de censure : en théorie, le gouvernement pourrait aller jusqu’à interdire la plateforme récalcitrante sur le territoire.

Cette loi est-elle constitutionnelle ? Des recours ont d’ores et déjà été lancés auprès du Conseil d’État. En effet, pour contrôler les mineurs, il faudra contrôler tout le monde. Ce qui légitimement suscite des craintes quant à l’anonymat et au « respect de la vie privée ».

Sommes-nous protégés ? À partir du moment où un service tiers de l’État ou d’une société privée est impliqué, le socle de sécurité des plateformes est fragilisé. La France a enregistré plus de 808 incidents liés à des fuites de données, avec une variation annuelle supérieure à 1 000 %. Parmi les services de l’État figurant en tête de liste, on trouve l’ARS, le DMP, France Travail, etc. On estime aujourd’hui que les données de neuf Français sur dix ont fuité et circulent librement. L’authentification qui nous est imposée représente un risque supplémentaire de fuites de données. Dans un périmètre où l’État est censé garantir notre sécurité, il a prouvé à maintes reprises qu’il en était incapable.

On se souvient du discours d’Emmanuel Macron, le 18 janvier 2019, devant les maires de France réunis pour le grand débat national. Il y avait plaidé en faveur d’une levée progressive de toute forme d’anonymat en ligne. Estimant qu’il fallait « distinguer le vrai du faux et savoir d’où viennent les propos et pourquoi ils sont tenus », il oubliait que l’anonymat est un droit associé à la liberté d’expression et de communication, ainsi qu’au droit à la vie privée.

Les grands absents de ce débat sont les jeunes. Cette loi, accouchée dans la précipitation, n’a fait l’objet d’aucune consultation, ce qui, en toute logique, se devait d’être fait. Le gouvernement ne cherche pas à mettre en œuvre une solution destinée à réduire le malaise qui gagne de plus en plus la jeunesse française, comme le montrent les données de Santé Publique France. La mesure apparaît plutôt comme une contrainte sécuritaire supplémentaire visant un système dans lequel les jeunes s’informent et s’organisent.

Cette loi est une coquille vide, car elle ne s’attaque pas aux pratiques qui permettent aux plateformes d’engranger, sur le dos de la jeunesse, des profits colossaux : la publicité et leurs activités mercantiles. La mesure aurait dû faire de l’économie le cœur de cible de la loi. Des mesures certes plus difficiles à obtenir qu’un simple contrôle d’identité, ce qui en dit long sur la moralité et l’impuissance des pouvoirs publics.

Au-delà de la jeunesse utilisée comme cheval de Troie, la mise en place de cette nouvelle loi nous menace tous. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de rappeler les propos d’Édouard Snowden en faveur de la liberté d’expression : Lorsque vous dites « le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n’ai rien à cacher », cela ne fait aucune différence avec le fait de dire « Je me moque du droit à la liberté d’expression parce que je n’ai rien à dire », ou « de la liberté de la presse parce que je n’ai rien à écrire ».

Source : L’Etudiant, La Dépêche, La Nouvelle République, L’ANSES, La Gazette, Aleteia, Technology Review, La Quadrature du Net

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Des sous pour Facebook
Humour

Le pari fou de Mark Zuckerberg


Alors que les plateformes de paris en ligne battent des records de popularité (Polymarket, Kalshi, etc.), entraînant dans leur sillage des addictions croissantes aux jeux d’argent et des affaires de corruption issues de délits d’initiés. Il semblait donc tout naturel qu’un milliardaire, attiré par l’odeur du dollar, se lance à son tour dans le développement d’une nouvelle application de prédiction de marché. Votre nouveau bookmaker virtuel vous invite à parier sur tout et n’importe quoi : l’équipe gagnante de la Coupe du monde de football, le prix du bitcoin, des guerres et des conflits, l’éviction ou le futur gagnant de l’élection présidentielle, etc.

Il faut bien reconnaître cette qualité à Mark Zuckerberg, le PDG de Meta : il excelle à créer des produits qui révèlent le pire de l’humanité.

Après son métavers, un échec à 70 milliards, censé offrir à nos chères petites têtes blondes un monde numérique en trois dimensions plus attractif que le réel, avec sa population de néonazis et de pédocriminels bien réels. Après ses lunettes connectées, l’accessoire discret et indispensable pour filmer les gens à leur insu et envoyer en toute discrétion ses petits moments de vie au Kenya pour analyse, enfreignant du même coup toutes les lois sur la protection de la vie privée.

Le cimetière de Facebook déborde de produits mal conçus, avortés ou qui n’ont pas trouvé leur public : Deals, un tueur de coupons promotionnels ; Crédits, une cryptomonnaie destinée aux micro-paiements à l’intérieur des jeux Facebook ; Beacon, un mouchard capable de vous pister sur les sites partenaires quand vous quittez Facebook ; Questions, un clone de Quora qui restera un point d’interrogation, etc.

Avec « Arena », la nouvelle application qui sent bon le gladiateur, le lancer de rétiaire marketing et le coup de sica dans le portefeuille. Mark va tenter d’attirer de nouveaux clients avec une seule promesse, dont on sait d’avance qu’elle ne sera pas tenue : « Devenez riche ! »

Mais Mark sait que la route vers la lumière est semée d’embûches, d’échecs et de déceptions. Aussi déclarait-il : « Même Beyoncé a dû écrire des centaines de chansons avant d’enregistrer Halo. » Il faudrait peut-être lui dire que ce morceau est l’œuvre de Ryan Tedder, auteur-compositeur et interprète du groupe OneRepublic, et d’Evan Bogart. Mark, encore tout faux !

Source : Yahoo, Vox, Wikipedia

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Informatique

Il voulait en faire un parc, ce sera un datacenter


C’est en 1999, dans la petite ville de Taylor, au Texas, qu’un fermier a décidé de faire don de ses terrains à la fondation « Texas Parks and Recreation ». Aujourd’hui, cette surface de 35 hectares, vendue par la municipalité pour la somme de 10 millions de dollars, va être transformée en centre de données.

Blueprint Projects Data Center

En 1999, M. Bland, fermier de son état, constate que les enfants de ses voisins n’ont pas de terrain pour jouer. Dans un élan de générosité, il décide alors de donner ses terres à une fondation afin qu’elle en assure la sauvegarde et qu’elle y crée une plaine de jeux. Il en informe ses voisins et procède à l’enregistrement de sa donation, pour laquelle il est facturé 10 dollars. En 2003, la fondation « Texas Parks and Recreation » qui a acquis le terrain le cède à une autre fondation du Texas, la « Williamson County », qui, un mois plus tard, le cède à la ville de Taylor. En 2008, soit cinq ans plus tard, la ville décide de vendre le terrain à une entreprise de développement, la « Taylor Economic Development Corporation (TEDC) », implantée à Taylor depuis 1994. Enfin, contre toute attente, en 2025, l’entreprise le cède à « Blueprint Data Centers » pour 10 millions de dollars.

Pour les voisins directs de la future installation, c’est la douche froide. La petite communauté s’indigne d’une part du non-respect des volontés du fermier, et d’autre part des problèmes de santé et de l’impact sur l’énergie, l’eau et le bruit que pourrait entraîner l’implantation de centres de données. La ville, elle, assure que tout sera fait pour limiter les nuisances et met en avant les 30 millions de dollars de taxes qui devraient tomber dans ses caisses au cours de la prochaine décennie. Même si son pouvoir est limité, elle n’a pas encore délivré de permis au promoteur du projet.

Source : Tom’s Hardware, 404Media

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Informatique

Les américains ne veulent plus de datacentres



Le Japon semble intéressé par de nouvelles implantations de centres de données en France, notamment en raison de la grande disponibilité de l’énergie fournie par les centrales nucléaires. Cette nouvelle a suscité l’engouement des techno-solutionnistes libéraux de l’Hexagone. Outre-Atlantique, ces derniers mois ont vu s’affirmer une tendance aux antipodes du rêve français. Les Américains s’opposent de plus en plus à la construction de nouveaux centres de données, une demande qui a explosé avec l’avènement de l’intelligence artificielle. Ce revirement de l’opinion publique terrifie littéralement les entreprises de la tech.

Datacenters aux USA Via opengridworks

Le dernier sondage de Heatmap pro indique que 71 % des Américains seraient prêts à s’opposer à tout projet de datacentres à proximité de leur domicile, dont 55 % affirment une opposition forte. Cette opposition est d’autant plus marquée chez les jeunes (18-34 ans). Neuf mois plus tôt, ils étaient 43 % à plébisciter de nouvelles constructions. À Monterey Park, en Californie, 86 % de la population a voté pour une interdiction définitive de toute implantation.

Alors que les progrès de l’intelligence artificielle font de plus en plus souvent la une, les centres de données se sont implantés ici et là dans les zones rurales, entraînant avec eux une explosion de la facture électrique, une raréfaction de l’eau, une diminution de la qualité de l’air, une augmentation du niveau de pollution sonore et même une hausse de la température à proximité directe des bâtiments.

Seuls les centres de données d’intelligence artificielle ont consommé 1 billion de litres d’eau aux États-Unis en 2025, une consommation annuelle qui frôle celle de deux millions d’Américains. Chaque jour, cette industrie consomme 2 trillions de litres, soit l’équivalent de la quantité d’eau mise en bouteille chaque jour dans le monde. Ce qui accentue la pression hydrique sur des terres dont 63 % sont actuellement en proie à la sécheresse. Cette industrie monopolise aujourd’hui 1,5 % de la consommation électrique mondiale, mais c’est la perspective d’avenir qui est problématique, avec, en 2030, des prévisions qui tablent au minimum sur un doublement de la consommation, soit 945 térawatt-heures. Soit la consommation annuelle de trois États : le Pakistan, le Nigeria et le Bangladesh. Une énergie qui alimente aujourd’hui 650 millions de personnes. Quant à l’empreinte au sol, elle devrait atteindre 15 000 km2, soit neuf fois la taille de Londres. Une série de prévisions désastreuses pour l’empreinte carbone, et donc pour le climat.

Ce sentiment de rejet, qui a gagné la population, est d’autant plus exacerbé par les licenciements massifs récents, le gel des salaires, les intrusions de plus en plus marquées dans la vie privée et la mise en place de plans de surveillance de masse. À l’inflation, à l’envolée du prix du pétrole et à l’augmentation des polices d’assurances s’ajoutent, pour certains ménages, l’explosion de leurs charges en eau et en électricité.

En 2026, la moitié des centres de données qui devaient ouvrir cette année ont été soit annulés, soit reportés. Alors que les géants de l’intelligence artificielle sont engagés dans une véritable course, certains, comme Meta, sont réduits à construire des dizaines de chapiteaux dont certains peuvent dépasser 11 000 m2 et sont alimentés par des générateurs de 200 mégawatts. Ainsi, des circuits valant plusieurs milliards de dollars sont abrités sous de simples tentes.

Selon une récente étude de Cloudflare, les « bots » sont désormais plus nombreux à parcourir le Web que les humains, et les agents IA monopolisent 57 % du trafic Internet, contre 42 %. Les agents IA sont désormais omniprésents, de la recherche comparative de vols aériens à l’assistant personnel ; l’ogre insatiable dévore le Web. Le trafic de ces « bots » explose particulièrement sur le territoire de Gibraltar, où ils drainent plus de 92 % des requêtes, suivis par Singapour qui rivalise avec l’Iran (76 %).

Enfin, il y a l’énorme levier économique mis en œuvre par les États-Unis, qui dépensent des milliards de dollars pour conserver leur hégémonie, notamment face à la Chine. Un enjeu national dont les fonds privés sont alimentés par les fonds de pension, le secteur de l’assurance, etc. Des fonds de plus en plus colossaux qui alimentent les quelque 5 381 datacentres des États-Unis, soit douze fois plus qu’en Chine. Et au bout du chemin, une bulle économique qui ne demande qu’à exploser.

Source : Barchart.com, Unu.edu

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Internet

Firefox : Les Russes sous le joug de la censure 


La société Américaine Firefox a retiré l’accès à certaines extensions de type VPN qui permettait de contourner la censure d’état à partir du territoire Russe. Il semblerait que la demande provienne directement de Roskomnadzor, le « Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse ». Sont concernés, au moins, les extensions « Censor Tracker« , « Runet Censorship bypass« , « Free VPN Proxyplanet VPN« , « FastProxy« , …

L’information provient d’un forum de Mozilla. Il semble que l’entreprise ait finalement décidé de supprimer les extensions suite aux demandes répétées du gouvernement Russe sans en avertir les créateurs. L’utilisation de VPN ou encore de Tor est illégal en Russie sous prétexte de « protéger l’espace numérique russe des influences extérieures ».

Une décision qui remet gravement en cause la charte et les valeurs de Mozilla qui prone un Internet libre et ouvert à tous.

Mise à jour :

Mozilla affirme que la suppression des extensions était temporaire. Cette initiative était à l’origine liée à la protection des utilisateurs Russes qui s’exposent à des sanctions et des peines de justice ou de prison en contournant la censure d’état. Nous ne trouvons pas de source qui corrobore cette dernière déclaration, qui apparait plutôt comme un mea-culpa. Toutefois, le groupe a décidé, au grand dam du Kremlin, de rétablir l’accès aux extensions mentionnées plus haut.

Source The Intercept, Clubic

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Informatique

Ashburn, l’œil du web


Ashburn est une ville de Virginie, située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Washington, dans le comté de Loudoun. Elle est voisine d’un grand aéroport (Dulles) à proximité de la capitale Washington. Vers 1800, un propriétaire y possédait la seule plantation existante nommée « Farmwell ». Le nom d’Ashburn apparaît pour la première fois aux alentours de 1870, dans un leg, mentionant le nom d’un ami proche du propriétaire du domaine. Depuis 1990, la population a été multipliée par trente. Située dans le « couloir technologique de Dulles », cette localité a la particularité d’avoir sur son sol la plus grande concentration mondiale de centres de données : les datacenters.

Si le nom de cette petite ville vous est inconnu, vos flux de données y ont forcément transité. Par ce petit point sur la carte, se concentre chaque jour, d’après les estimations, près de 70% du traffic internet international. Ashburn n’est pas devenu un nœud de transit du traffic mondial d’internet par hasard. À partir de 1960, l’agence pour les projets de recherche avancés de défense, dénommée ARPA , est située à Arlingtown, près de Washington. Elle commence à travailler sur le projet Arpanet : le précurseur d’internet. Ce dernier doit relier à travers un réseau maillé le ministère de la Défense aux instituts de recherche. Dès lors, cette région apparaît comme un des nœuds du premier réseau, pierre angulaire d’Internet, qui perdurera officiellement jusqu’en 1990. En 1992, plusieurs fournisseurs de réseaux décident alors de créer en Virginie du Nord, un des premiers nœuds d’inter-connexions, un des centres de transit majeur de l’internet. C’est donc tout naturellement qu’en 1998, l’entreprise American Online, plus connu sous le nom d’AOL, implante son siège social à Loudoun. L’entreprise se fixe à proximité de ce point central du réseau, entrainant avec elle des investissements d’infrastructure au sein du réseau de télécommunication à travers le câble et la fibre, mais aussi sur le réseau énergétique.

Il y a plusieurs facteurs conjugués qui sont à l’origine du développement d’Ashburn :

  • La ville est située à proximité du cœur de la politique américaine, Washington.
  • Le coût de l’énergie y est en moyenne 30% plus avantageux que sur le reste du territoire. On le doit principalement à la rivière Potomac et à ses barrages.
  • La région est stable avec un climat favorable et peu de catastrophes naturelles.
  • De la création des interconnexions résulte un réseau de fibres optiques dense et solide.
  • Les grandes universités de la région contribuent à la formation de cerveaux, le niveau d’étude y est deux fois supérieur au reste du pays.
  • Des avantages fiscaux. L’état de Virginie étant le premier à mettre en place, dès 2009, des exonérations pour les centres de données.
  • De nombreux terrains sont disponibles et des permis simplifiés ont été instaurés.

Ashburn. Vue du ciel des centres de données (Googlemap)

Ashburn se trouve à l’épicentre de la « Data Center Alley », la ville concentre plus de 120 centres de données, 170 pour le district de Loudon sur un confetti de 50 km2 (avec 2 km2 pour les seuls centres) et plus de 300 centres pour l’ensemble du couloir. Parmi les entreprises sur place, on trouve Equinix, le leader mondial des centres de données (couverture 30 pays et près de 250 datacenters), La fondation Wikipédia et ses serveurs primaires, Amazon y a localisé 70% de ses IP, Digital Reality une société spécialisée dans la gestion de centres serveurs, NTT le géant des télécommunications japonais, le service entreprise de l’opérateur américain Verizon, etc.

Contrairement aux bureaux et aux entrepôts, les centres de données nécessitent peu de services. Ce sont de véritables poids lourds pour la dynamique régionale. Pour le seul comté de Loudoun, la recette fiscale avoisine les 600 million de dollars (30% du budget global), de quoi subvenir à l’ensemble de ses dépenses.

L’avenir n’est pas pour autant sans nuages, les datacenters sont gourmands en énergie. Très gourmands. L’état de Virginie ne dispose que de peu de sources d’énergies renouvelables. Le principal fournisseur d’énergie « Dominion » voit fuir 20% de son offre à destination de ses montres énergivores. Le fournisseur se trouve en difficulté.

L’augmentation du trafic et des besoins de stockages croissants, les applications comme le streaming ou l’intelligence artificielle sont autant d’accélérateurs qui entrainent la multiplication des centres de données, mais l’électricien se trouve en difficulté. Avec un triplement de leurs consommations au cours des huit dernières années, et la signature de nouveaux contrats qui vont conduire à un doublement des besoins d’ici à 2028, le fournisseur a dors et déjà annoncé qu’il serait dans l’incapacité de fournir, à l’avenir, de l’énergie pour tous ces nouveaux centres. Ce qui diffère leurs constructions de plusieurs années. Il avait même été question, d’utiliser des générateurs fossiles afin de soulager la pression sur le réseau électrique. Le géant Amazon disposant, en secours ultime, d’une batterie de générateurs diesels, dont la puissance délivrée représente l’équivalent en consommation d’une ville comme New-York, et ce, pendant une journée. Une dérogation avait même été mise en place pour les centres de données leur permettant d’utiliser 4500 de ces générateurs diesel. Une mesure qui sera par la suite amputée puis suspendue au regard de sa position, à l’antipode du combat contre la crise climatique et au grand soulagement des riverains naturellement hostiles à une telle mesure qui menaçait directement la qualité de l’air qu’ils respirent.

L’énergie des acteurs du numérique du plus polluant au plus vertueux (Greenpeace)

Alors que les infrastructures de l’industrie du numérique s’étendent sur des surfaces de plus en plus grandes, elles se trouvent aujourd’hui confrontées à des limites énergétiques. Autrefois, loin des habitations, leurs territoires empiètent désormais sur celui des zones résidentielles. Cette expansion est maintenant à l’origine de plaintes des riverains, principalement à cause du ronronnement permanent des milliers de serveurs qui ne dorment jamais. Les pouvoirs locaux, jusqu’à présent peu enclins à poser des jalons, commencent à légiférer.

Sources : Arrêt sur image, Governing, Business Insider, Radio-Canada, Gizmodo, Greenpeace

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Informatique

Hologramme de Star Wars : le retour


La « visioconférence » du futur a été dévoilée lors du CES 2024, salon mondial de l’innovation, par Holoconnects et ses box 3D. Cette société néerlandaise permet de projeter une personne ou un objet à partir d’une vidéo, en direct ou en différé. La personne se modélise alors dans une Holobox à l’autre bout du globe. Ce qui est surprenant, c’est surtout le niveau de détail qu’offre la solution.

Holoconnects entend principalement se développer dans les secteurs du commerce, du tourisme, de la santé et de l’éducation. Avec plusieurs dispositifs déployés principalement en Europe, le fabricant propose entre autres, la sélection de produits sur l’écran tactile de la box ou encore celui d’hôtesse à distance.

L’Holobox de 2.06 m de haut affiche un tarif de 55.000 euros, mais il existe aussi un modèle mini mesurant seulement 61 cm. Le périphérique ne nécessite qu’une alimentation et une liaison internet, il intègre une glace anti-reflet, un système de haut-parleurs hifi, un écran transparent de 86 pouces et un écran tactile de 20 points.

On ne peut s’empêcher de songer à l’hologramme de Star Wars, dans sa version de 1977, au mur de téléprésence de France Télécom qui en 2002 qui pour la première fois permettait de projeter des personnes à taille réelle entre son centre de recherche de Lannion en Bretagne et Issy-Les-Moulineaux dans la banlieue parisienne. À la naissance du visiophone en 2004, probablement trop en avance sur son temps…

Ces produits qui offrent le don d’ubiquité nous fascinent. Pour quelques milliers d’euros, pour tout publicitaire, c’est toujours une bonne opération marketing.

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Lunettes 3D
Informatique

La mode est aux lunettes


Alors qu’Apple annonçait la prochaine disponibilité de son casque Apple vision Pro en quantité limitée (80 000 unités) et hors de prix ($3499 en 256Go) pour Avril; au CES 2024 deux modèles de lunettes beaucoup plus abordables se positionnaient comme solution aux écrans nomades. Si vous souhaitez un écran peu encombrant ou si vous êtes en déplacement les nouvelles dalles sont certe une des options, mais aujourd’hui, deux constructeurs au moins, veulent remplacer vos écrans par des lunettes.

Un écran grand format, voilà ce qu’il manque à votre console de jeux, à votre téléphone, à votre tablette, à votre PC portable, voir même peut-être à votre téléviseur… Et c’est sur ce créneau que se positionne ASUS avec les AirVision M1 et XREAL avec les Air 2 Ultra.

Pour les ASUS AirVision M1 la monture est équipée d’écrans OLED au format HD 1920 x 1080 pixels, de 1 100 cd/m2 ou nits et surtout un champs de vision vertical de 57° soit 2 points de plus que celui de votre œil. La luminosité des lunettes s’adape en fonction de votre environnement. La branche gauche de la lunette est dotée d’un touchpad pour la partie commande, et l’immersion sonore est délivrée par un système de haut-parleurs avec réduction des bruits ambiants. Tout comme votre environnement de bureau, l’affichage permet d’utiliser des écrans virtuels en différentes résolutions qu’ils soient verticaux ou horizontaux et ce quelque soit le ratio. Une rotation de la tête entraine naturellement le passage d’un écran virtuel à l’autre. Avec le touchpad vous contrôlez le passage d’une fenêtre à l’autre, la progression d’un film, ou encore la bascule en mode 3D. Il est intéressant de mentionner que l’aspect « vie privée » n’est pas délaissé, puisque les personnes à proximités ne seront pas en mesure de visualiser le contenu qui s’affiche à vos yeux. Encore à l’état de prototype, le prix et la date de sortie du périphérique ne sont pas connu.

XREAL n’en est plus au stade de prototype, fort de quatre versions précédentes, les Air 2 Ultra ont une définition similaire avec 1920 x 1080 pixels en 120 Hz en 2D avec maximum 500 nits et pour le format 3D du 90 Hz et un maximum de 250 nits. En 3D les lunettes agissent comme deux écrans séparés pour une résolution totale de 3840 x 1080  en 2D l’écran est en mode Full HD. Les lunettes intègre aussi un micro, un système de haut-parleurs. Mais les lunettes d’XREAL sont aussi équipées de capteurs d’environnement : deux caméras pour appréhender le monde extérieur, un capteur six axes, etc… Ce qui permet un affichage stable et ce quelque soit votre position. Les lunettes sont disponibles à la vente dés maintenant sur la boutique du fabricant pour 799 euros.

Les deux modèles sont compatibles avec les ports USB-C avec en supplément un affichage spatial pour les téléphones de la gamme Samsung S22 et S23 pour les XREAL.

Si le concept est intéressant, il reste à voir comment ces deux constructeurs et les autres, vont gérer les défaut de jeunesse de tels périphériques, tels que l’affichage de Netflix ou de Prime avec son contenu protégé ou encore le chargement des batteries, jusqu’alors le port USB-C offrant soit la visualisation soit le chargement, mais pas les deux à la fois.

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