voyage aléatoire au détour du Web

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Informatique

Un point sur Windows

Microsoft ne bénéficie plus vraiment d’une dynamique positive. Au fil du temps, l’entreprise s’est quelque peu égarée :

Tout d’abord, la simplification de son interface dans le but de rendre ses fonctionnalités accessibles aux néophytes, à l’image d’Apple, a finalement alourdi l’interface. Que ce soit les menus ou les options, ils s’empilent sans fin. Un simple exemple, il ne faut pas moins de sept clics pour modifier une adresse IP. L’héritage des versions précédentes fait que l’interface manque d’uniformité. Cette inconsistance est notable jusque dans l’affichage des icônes. Auparavant associés aux principales fonctions « créer, ouvrir, sauver, partager, imprimer », ils s’affichent aujourd’hui à chaque ligne de menu en arborant souvent une forme différente d’une application à l’autre. Un fondamental qui date pourtant de 1992. Autrefois innovante et créative, la firme de Redmond paraît aujourd’hui en panne d’inspiration.

Microsoft a beaucoup investi dans l’Intelligence Artificielle. Cependant, son intégration forcée ne fait pas l’unanimité. Les utilisateurs ne semblent pas apprécier la présence systématique d’outils d’IA dans leur environnement. Ce rejet soulève des questionnements, notamment de la part de Satya Nadella, CEO de Microsoft, ainsi que de Kevin Scott, CTO de l’entreprise. Ces derniers annonce une année pivot pour l’IA notamment l’intégration de nouveaux produits comme « Agent Launchers », qui permettra la création d’agents IA capables d’interagir avec vos données et applications. L’intégration de Copilot est maintenant omniprésente dans toutes les solutions du serveur au client; au point de renommer la suite Office en « Microsoft 365 Copilot app ». Il est vrai que des progrès notables ont été réalisés en terme de consommation d’énergie et des ressources, mais la demande en eau et en électricité des datas centers ne cesse de progresser, au détriment des particuliers.


Les belles promesses annoncées par Sam Altman dans son « age de l’intelligence » trouvent désormais une résonnance particulière dans le terme « Slop » qui désigne « un contenu de pauvre qualité généré par une intelligence artificielle« .

Bannière sur Office.com qui devient Microsoft 365 Copilot App

Au fil du temps, Windows est devenu très gourmand en ressources. La présence d’outils de tracking et de télémétrie consomme beaucoup de mémoire, à tel point qu’il faut désormais plus de 3,5 Go de RAM pour faire tourner le système. Sont aussi en cause, l’intégration de la couche Xbox et les nombreux logiciels préinstallés qualifiés de « bloatwares ». Ce mille-feuilles impacte les performances des machines et ajoute de la confusion dans les menus.

Tom’s Hardware a récemment testé les six dernières générations de l’OS, de Windows XP à Windows 11. La dernière version arrive le plus souvent bonne dernière :

Démarrage : Windows 8.1 est la version la plus rapide, tandis que Windows 11 est la plus lente.

Stockage : Windows XP nécessitait 19 Go d’espace disque, Windows 11 en réclame désormais 38 Go, contre 44 Go pour Windows 7.

Mémoire : Windows XP consommait 0,8 Go de RAM, alors que Windows 11 peut atteindre 3,7 Go, voire 5 Go en utilisation, notamment avec un navigateur chargé.

Applications : Windows 11 est aussi le plus lent pour ouvrir cinq applications simultanément (Explorateur de fichiers, MSPaint, Calculatrice, Lecteur Adobe PDF et VLC).

Benchmarks : La plupart du temps, Windows 11 termine dernier sur l’ensemble des tests.

Autrefois système privilégié pour le jeu, Linux est aujourd’hui souvent plus performant pour l’exécution des jeux vidéo. Quelques nuances cependant :

Les dernières architectures, notamment Harrow Lake H, tirent d’avantage parti de Windows, qui s’en sort mieux à configuration égale face à Linux. Une avance qui devrait encore s’accroitre avec l’arrivée des chipset Intel 18A « Panther Lake » (77% de performance supplémentaire par rapport à du « Lunar Lake »).

La compatibilité des jeux sous Linux s’élève à environ 80 %, mais elle ne représente que 3,2% en terme de « marketshare » et surtout certains jeux multi-joueurs très populaires comme « Bayonetta », « League of Legends » ou « Fortnite » ne sont utilisables que sous Windows.

Nombreux sont les utilisateurs souhaitant aujourd’hui basculer sous Linux. Ce dernier présente aujourd’hui des interfaces rapides et performantes et offre sécurité et confidentialité des données. Il convient pour une utilisation quotidienne classique. À condition toutefois de ne pas avoir peur des imperfection logiciels ou de mettre les mains dans le terminal pour adapter une configuration. Quant à Windows, il conviendra mieux aux créateurs du fait de son incomparable bibliothèque de logiciels et de sa flexibilité en termes d’intégration de périphériques externes.

En novembre 2025 les statistiques de référence de « statcounters » donnait pour les ordinateurs de type desktop 66,5% de part de marché pour les systèmes à base de Windows, et loin derrière 8% d’OS X, 4,7% de MacOS, 3,8% de Linux et 1,3% de chrome OS.

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Informatique

Ashburn, l’œil du web


Ashburn est une ville de Virginie, située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Washington, dans le comté de Loudoun. Elle est voisine d’un grand aéroport (Dulles) à proximité de la capitale Washington. Vers 1800, un propriétaire y possédait la seule plantation existante nommée « Farmwell ». Le nom d’Ashburn apparaît pour la première fois aux alentours de 1870, dans un leg, mentionant le nom d’un ami proche du propriétaire du domaine. Depuis 1990, la population a été multipliée par trente. Située dans le « couloir technologique de Dulles », cette localité a la particularité d’avoir sur son sol la plus grande concentration mondiale de centres de données : les datacenters.

Si le nom de cette petite ville vous est inconnu, vos flux de données y ont forcément transité. Par ce petit point sur la carte, se concentre chaque jour, d’après les estimations, près de 70% du traffic internet international. Ashburn n’est pas devenu un nœud de transit du traffic mondial d’internet par hasard. À partir de 1960, l’agence pour les projets de recherche avancés de défense, dénommée ARPA , est située à Arlingtown, près de Washington. Elle commence à travailler sur le projet Arpanet : le précurseur d’internet. Ce dernier doit relier à travers un réseau maillé le ministère de la Défense aux instituts de recherche. Dès lors, cette région apparaît comme un des nœuds du premier réseau, pierre angulaire d’Internet, qui perdurera officiellement jusqu’en 1990. En 1992, plusieurs fournisseurs de réseaux décident alors de créer en Virginie du Nord, un des premiers nœuds d’inter-connexions, un des centres de transit majeur de l’internet. C’est donc tout naturellement qu’en 1998, l’entreprise American Online, plus connu sous le nom d’AOL, implante son siège social à Loudoun. L’entreprise se fixe à proximité de ce point central du réseau, entrainant avec elle des investissements d’infrastructure au sein du réseau de télécommunication à travers le câble et la fibre, mais aussi sur le réseau énergétique.

Il y a plusieurs facteurs conjugués qui sont à l’origine du développement d’Ashburn :

  • La ville est située à proximité du cœur de la politique américaine, Washington.
  • Le coût de l’énergie y est en moyenne 30% plus avantageux que sur le reste du territoire. On le doit principalement à la rivière Potomac et à ses barrages.
  • La région est stable avec un climat favorable et peu de catastrophes naturelles.
  • De la création des interconnexions résulte un réseau de fibres optiques dense et solide.
  • Les grandes universités de la région contribuent à la formation de cerveaux, le niveau d’étude y est deux fois supérieur au reste du pays.
  • Des avantages fiscaux. L’état de Virginie étant le premier à mettre en place, dès 2009, des exonérations pour les centres de données.
  • De nombreux terrains sont disponibles et des permis simplifiés ont été instaurés.

Ashburn. Vue du ciel des centres de données (Googlemap)

Ashburn se trouve à l’épicentre de la « Data Center Alley », la ville concentre plus de 120 centres de données, 170 pour le district de Loudon sur un confetti de 50 km2 (avec 2 km2 pour les seuls centres) et plus de 300 centres pour l’ensemble du couloir. Parmi les entreprises sur place, on trouve Equinix, le leader mondial des centres de données (couverture 30 pays et près de 250 datacenters), La fondation Wikipédia et ses serveurs primaires, Amazon y a localisé 70% de ses IP, Digital Reality une société spécialisée dans la gestion de centres serveurs, NTT le géant des télécommunications japonais, le service entreprise de l’opérateur américain Verizon, etc.

Contrairement aux bureaux et aux entrepôts, les centres de données nécessitent peu de services. Ce sont de véritables poids lourds pour la dynamique régionale. Pour le seul comté de Loudoun, la recette fiscale avoisine les 600 million de dollars (30% du budget global), de quoi subvenir à l’ensemble de ses dépenses.

L’avenir n’est pas pour autant sans nuages, les datacenters sont gourmands en énergie. Très gourmands. L’état de Virginie ne dispose que de peu de sources d’énergies renouvelables. Le principal fournisseur d’énergie « Dominion » voit fuir 20% de son offre à destination de ses montres énergivores. Le fournisseur se trouve en difficulté.

L’augmentation du trafic et des besoins de stockages croissants, les applications comme le streaming ou l’intelligence artificielle sont autant d’accélérateurs qui entrainent la multiplication des centres de données, mais l’électricien se trouve en difficulté. Avec un triplement de leurs consommations au cours des huit dernières années, et la signature de nouveaux contrats qui vont conduire à un doublement des besoins d’ici à 2028, le fournisseur a dors et déjà annoncé qu’il serait dans l’incapacité de fournir, à l’avenir, de l’énergie pour tous ces nouveaux centres. Ce qui diffère leurs constructions de plusieurs années. Il avait même été question, d’utiliser des générateurs fossiles afin de soulager la pression sur le réseau électrique. Le géant Amazon disposant, en secours ultime, d’une batterie de générateurs diesels, dont la puissance délivrée représente l’équivalent en consommation d’une ville comme New-York, et ce, pendant une journée. Une dérogation avait même été mise en place pour les centres de données leur permettant d’utiliser 4500 de ces générateurs diesel. Une mesure qui sera par la suite amputée puis suspendue au regard de sa position, à l’antipode du combat contre la crise climatique et au grand soulagement des riverains naturellement hostiles à une telle mesure qui menaçait directement la qualité de l’air qu’ils respirent.

L’énergie des acteurs du numérique du plus polluant au plus vertueux (Greenpeace)

Alors que les infrastructures de l’industrie du numérique s’étendent sur des surfaces de plus en plus grandes, elles se trouvent aujourd’hui confrontées à des limites énergétiques. Autrefois, loin des habitations, leurs territoires empiètent désormais sur celui des zones résidentielles. Cette expansion est maintenant à l’origine de plaintes des riverains, principalement à cause du ronronnement permanent des milliers de serveurs qui ne dorment jamais. Les pouvoirs locaux, jusqu’à présent peu enclins à poser des jalons, commencent à légiférer.

Sources : Arrêt sur image, Governing, Business Insider, Radio-Canada, Gizmodo, Greenpeace

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