Orange annonce une collaboration avec Equitix, l’un des principaux investisseurs européens, et MDM, un concepteur irlandais de systèmes de câbles sous-marins, pour la mise en place d’un nouveau câble sous-marin nommé Pisces. Ce projet est destiné à renforcer les connexions numériques de l’Irlande avec le bloc européen dans le cadre du programme européen « Connecting Europe Facility » (CEF) et de l’objectif « Global Gateway » de Bruxelles. Il vise à répondre à la demande croissante de débit entre l’Irlande et le continent, avec l’avènement de l’intelligence artificielle, mais aussi à assurer plus de résilience au niveau de l’infrastructure irlandaise et de sa connexion aux autres pays européens.
Le nouveau câble sera doté de 16 fibres et partira de Galway, en Irlande, pour rejoindre Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, puis Sopelana, au Pays basque espagnol, et enfin Carcavelos, au Portugal, à proximité de Lisbonne. Sa longueur totale sera de 3 125 km. Les câbles sous-marins constituent aujourd’hui un enjeu vital et forment la colonne vertébrale des échanges numériques.
L’Irlande concentre de nombreux centres de données, des entreprises spécialisées dans le cloud et l’IA, et héberge des hyperscalers. Pisces va ainsi permettre d’augmenter les capacités déjà présentes sans transiter par le Royaume-Uni. Son déploiement est prévu en 2028.
La société A16Z présente la septième édition du classement des 100 applications d’intelligence artificielle grand public les plus populaires sur le Web et les appareils mobiles. Pour la première fois, il ajoute des données sur les dépenses des consommateurs américains afin de pouvoir comparer l’audience et les revenus.
L’usage de l’IA est désormais répandu, mais souvent occasionnel : près de la moitié des Américains déclarent l’utiliser, tandis que 25 % l’utilisent quotidiennement. Seuls 4,5 % des consommateurs américains ont un abonnement payant personnel à ChatGPT, Gemini ou Claude. ChatGPT est largement en tête en termes de fréquentation et d’abonnés payants.
Les dépenses sont très concentrées : les 1 % d’abonnés qui dépensent le plus représentent 19,5 % des dépenses observées. Ils consacrent en moyenne 903 dollars par mois à l’IA, contre 25 dollars pour l’abonné payant médian. La majorité de ces 1 % utilise l’IA pour travailler, principalement pour coder, automatiser ou créer.
Le modèle économique des applications d’IA reste toutefois un obstacle à l’adoption massive : 84 % des produits du classement Web proposent un abonnement et 64 % vendent également des crédits ou facturent à l’usage. Les revenus publicitaires et les commissions sur les transactions sont encore rares, mais pourraient permettre de servir davantage d’utilisateurs sans abonnement obligatoire. L’IA grand public a déjà trouvé un marché rentable auprès des utilisateurs intensifs. Pour toucher le grand public, elle devra s’avérer utile dans davantage de situations quotidiennes et proposer des modèles économiques plus accessibles.
Quand on parle Intelligence Artificielle on évoque inévitablement le mot token. Découvrez à travers cette animation promotionnelle, à quoi correspond un million de tokens.
Année
Modèle / moteur
Organisation
Contexte maximal approximatif
Particularité
2018
GPT‑1
OpenAI
512 tokens
Premier modèle GPT majeur
2019
GPT‑2
OpenAI
1 024 tokens
Forte amélioration de la génération de texte
2020
GPT‑3
OpenAI
2 048 tokens
175 milliards de paramètres
2022
ChatGPT — GPT‑3.5
OpenAI
4 096 puis 16 385 tokens
Popularisation des assistants conversationnels
2022
LaMDA
Google
Environ 8 000 tokens
Modèle spécialisé dans le dialogue
2023
GPT‑4
OpenAI
8 192 puis 32 768 tokens
Raisonnement et compréhension améliorés
2023
Claude 1.3
Anthropic
100 000 tokens
Première très grande fenêtre de contexte
2023
Claude 2
Anthropic
100 000 tokens
Modèle conversationnel long contexte
2023
Llama 2
Meta
4 096 tokens
Modèle à poids ouverts largement diffusé
2023
GPT‑4 Turbo
OpenAI
128 000 tokens
Contexte beaucoup plus long
2023
Claude 2.1
Anthropic
200 000 tokens
Doublement de la fenêtre de Claude
2024
Gemini 1.5 Pro
Google
1 à 2 millions de tokens
Très grande capacité documentaire
2024
GPT‑4o
OpenAI
128 000 tokens
Texte, image, audio et interaction temps réel
2024
Claude 3.5 Sonnet
Anthropic
200 000 tokens
Raisonnement et programmation améliorés
2024
Llama 3.1
Meta
128 000 tokens
Modèle ouvert avec long contexte
2024
Mistral Large 2
Mistral AI
128 000 tokens
Modèle européen performant en texte et code
2025
GPT‑4.1
OpenAI
1 000 000 tokens
Long contexte et programmation
2025
Llama 4 Scout
Meta
Jusqu’à 10 000 000 tokens
Très grande fenêtre de contexte
2025
Llama 4 Maverick
Meta
Environ 1 000 000 tokens
Modèle multimodal à poids ouverts
2025
DeepSeek‑R1
DeepSeek
Environ 128 000 tokens
Modèle orienté raisonnement
2025
Mistral Large 3
Mistral AI
256 000 tokens
Modèle multimodal à poids ouverts
2026
Modèles de nouvelle génération
Plusieurs acteurs
Jusqu’à environ 1 000 000 tokens
Modèles orientés agents, code et raisonnement
Les jalons les plus importants sont le passage de 2 048 tokens pour GPT‑3 en 2020 à 128 000 tokens pour GPT‑4 Turbo en 2023, puis à 1 à 2 millions de tokens avec Gemini 1.5 en 2024. Les modèles ouverts ont ensuite fortement progressé, notamment avec Llama 4 Scout et sa fenêtre annoncée jusqu’à 10 millions de tokens. Ce n’est pas pour autant que ces modèles sont plus intelligents. Cela représente un marqueur pour le volume de texte qui peut être utilisé par un moteur.
Les nouveaux téléviseurs de LG dotés de la fonction ACR (Automatic Content Recognition) sont extrêmement intrusifs et faillibles.
Votre vie privée est aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises : vos conversations, qu’elles soient écrites ou vocales, l’utilisation d’applications, vos adresses internet, votre localisation, votre opérateur téléphonique, votre borne Wi-Fi, etc. Des centaines de données alimentent aujourd’hui des moteurs d’intelligence artificielle afin de dresser le profil le plus fidèle possible vous concernant. Jamais auparavant les agences de publicité n’ont eu accès à autant de données sur un individu. Leur but est de vous suggérer l’achat de nouveaux produits ou encore le visionnage de programmes. Au-delà des activités mercantiles, ces logiciels sont aussi faillibles et offrent une surface d’attaque à toute personne malveillante qui souhaiterait vous espionner.
Cette vidéo présente une analyse des nouvelles technologies mises en œuvre par la firme coréenne LG afin de capter vos conversations audio et de les transmettre, y compris, semble-t-il, quand vous désactivez le micro. Elle permet également d’analyser l’ensemble des périphériques connectés à votre réseau, qu’il s’agisse de votre montre, de votre purificateur d’air ou encore de votre routeur.
Si vous déconnectez votre téléviseur d’Internet, il tentera de se connecter à partir d’un hotspot public, du Wi-Fi d’un de vos voisins ou de l’infrastructure à laquelle sont connectés 212 millions de téléviseurs de marque LG. Refuser les conditions générales d’utilisation ne fait pas reculer le constructeur, qui continue d’envoyer un identifiant unique et certaines données personnelles.
Pendant ce temps, les institutions s’efforcent de réguler l’accès aux réseaux sociaux à partir d’un âge plancher. Le numérique s’introduit insidieusement dans nos vies quotidiennes. Les États et les régulateurs semblent plus enclins à laisser les entreprises faire de juteux profits par tous les moyens qu’a protéger votre vie privée.
MAJ : En réponse aux préoccupations soulevées, le fabricant tient à préciser que son téléviseur n’est pas doté d’une fonctionnalité d’écoute en continu. Cette fonctionnalité est activée uniquement dans deux cas : lorsque la détection d’une phrase clef est prononcée ou lorsque l’utilisateur appuie sur la touche AI/voix de la télécommande. Le buffer audio est exclusivement employé pour la détection de la phrase clef. Veuillez noter que ces informations ne sont pas transmises à LG. LG précise que l’ACR et la publicité ciblée sont des options disponibles. Le fabricant a évalué la pertinence de la collecte de données environnementales (bornes wifi, périphériques connectés au réseau) et l’a jugée d’intérêt légitime. Cette démarche vise à optimiser les connexions avec les périphériques de streaming ou de reconnaissance vocale (Alexa, Google, etc.).
Mardi 21 juillet, le Sénat et l’Assemblée nationale ont adopté une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France. Cette loi s’inscrit dans le prolongement du règlement européen DSA sur les services numériques de 2022 et de la loi SREN de 2025, qui visent à sécuriser et à réguler l’espace numérique. Cette proposition a été adoptée dans le cadre d’une procédure accélérée, car elle était souhaitée par le président de la République, Emmanuel Macron, qui entend faire entrer la loi en application dès la rentrée scolaire de septembre.
La rapporteuse du projet de loi est Laure Miller, élue sous les couleurs de Renaissance au sein du groupe Ensemble pour la République. Cette avocate de formation a fait ses armes dans le bloc de droite, d’abord à l’UMP, puis aux Républicains. Originaire de Reims, elle est aujourd’hui députée de la Marne. Il est également porté par la députée du Morbihan Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, qui siège sous les couleurs du parti Horizons.
Les députés ont entériné le texte par 279 voix contre 81, avec 66 abstentions. Le vote a été majoritairement soutenu par les groupes de droite : Ensemble pour la République, la Droite républicaine, les Démocrates, le groupe Horizons et l’Union des droites. Le groupe écologiste et les socialistes étaient partagés, avec un peu moins de 50 % des voix. La France insoumise a majoritairement rejeté le texte. Le groupe RN s’est quant à lui globalement abstenu.
Le cœur du projet consiste à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans, grâce à une vérification obligatoire de l’âge. Son application se fera en deux phases : dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, puis quatre mois plus tard, le 1er janvier 2027, pour les comptes déjà existants. La France fait figure de pionnière, car elle est le premier pays européen à légiférer et à afficher sa ferme volonté de limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les adolescents.
Il est évident qu’il faut protéger les adolescents, et plus particulièrement les plus jeunes, de l’utilisation des réseaux sociaux. Les risques associés à ces usages ont été listés par l’Anses : altération du sommeil, dévalorisation de soi, comportements à risque, exposition à la violence, etc. Il paraît difficile d’imposer de profondes refontes des plateformes, car celles-ci n’y ont aucun intérêt. Les courriers internes révèlent qu’elles exploitent les vulnérabilités des adolescents pour les maintenir captifs le plus longtemps possible, et qu’elles développent des stratégies de captation de l’attention à partir de flux personnalisés, le tout à des fins mercantiles. De plus, elles opèrent depuis l’étranger, ce qui rend toute action judiciaire difficile à mettre en œuvre.
Cette loi, dont les contours sont flous, soulève toutefois plusieurs interrogations :
Si le texte identifie clairement les réseaux concernés, comme TikTok, Facebook, Instagram, Snapchat ou X, le périmètre reste plutôt flou, même si l’on sait que les sites éducatifs, collaboratifs ou de communication en seront exclus. Les plateformes du Fediverse (Mastodon, Peertube, etc.) sont également concernées.
Quels outils seront utilisés pour vérifier l’âge légal ? Cette vérification sera à la charge des plateformes, qui devront mettre en place un ou plusieurs processus. Si la loi ne prévoit pas d’imposer une vérification de l’âge à chaque connexion, les plateformes suivront-elles cette recommandation ? Le gouvernement ne veut pas d’une estimation de l’age par un système automatisé ou une IA, et semble privilégier une vérification basée sur une identité numérique.
Quelle sera l’efficacité d’un système dont on sait qu’il est largement contourné dans des pays comme l’Australie ou le Royaume-Uni, qui ont déjà recours à ce type de dispositif ? Quelle crédibilité pour un système qui n’impose aucune sanction à ses utilisateurs, parents ou enfants, et dont le risque de condamnation est très modéré pour les plateformes, l’application de la sanction relevant du droit européen (DSA) ? Plus inquiétant encore, la loi prévoit une mesure de censure : en théorie, le gouvernement pourrait aller jusqu’à interdire la plateforme récalcitrante sur le territoire.
Cette loi est-elle constitutionnelle ? Des recours ont d’ores et déjà été lancés auprès du Conseil d’État. En effet, pour contrôler les mineurs, il faudra contrôler tout le monde. Ce qui légitimement suscite des craintes quant à l’anonymat et au « respect de la vie privée ».
Sommes-nous protégés ? À partir du moment où un service tiers de l’État ou d’une société privée est impliqué, le socle de sécurité des plateformes est fragilisé. La France a enregistré plus de 808 incidents liés à des fuites de données, avec une variation annuelle supérieure à 1 000 %. Parmi les services de l’État figurant en tête de liste, on trouve l’ARS, le DMP, France Travail, etc. On estime aujourd’hui que les données de neuf Français sur dix ont fuité et circulent librement. L’authentification qui nous est imposée représente un risque supplémentaire de fuites de données. Dans un périmètre où l’État est censé garantir notre sécurité, il a prouvé à maintes reprises qu’il en était incapable.
On se souvient du discours d’Emmanuel Macron, le 18 janvier 2019, devant les maires de France réunis pour le grand débat national. Il y avait plaidé en faveur d’une levée progressive de toute forme d’anonymat en ligne. Estimant qu’il fallait « distinguer le vrai du faux et savoir d’où viennent les propos et pourquoi ils sont tenus », il oubliait que l’anonymat est un droit associé à la liberté d’expression et de communication, ainsi qu’au droit à la vie privée.
Les grands absents de ce débat sont les jeunes. Cette loi, accouchée dans la précipitation, n’a fait l’objet d’aucune consultation, ce qui, en toute logique, se devait d’être fait. Le gouvernement ne cherche pas à mettre en œuvre une solution destinée à réduire le malaise qui gagne de plus en plus la jeunesse française, comme le montrent les données de Santé Publique France. La mesure apparaît plutôt comme une contrainte sécuritaire supplémentaire visant un système dans lequel les jeunes s’informent et s’organisent.
Cette loi est une coquille vide, car elle ne s’attaque pas aux pratiques qui permettent aux plateformes d’engranger, sur le dos de la jeunesse, des profits colossaux : la publicité et leurs activités mercantiles. La mesure aurait dû faire de l’économie le cœur de cible de la loi. Des mesures certes plus difficiles à obtenir qu’un simple contrôle d’identité, ce qui en dit long sur la moralité et l’impuissance des pouvoirs publics.
Au-delà de la jeunesse utilisée comme cheval de Troie, la mise en place de cette nouvelle loi nous menace tous. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de rappeler les propos d’Édouard Snowden en faveur de la liberté d’expression : Lorsque vous dites « le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n’ai rien à cacher », cela ne fait aucune différence avec le fait de dire « Je me moque du droit à la liberté d’expression parce que je n’ai rien à dire », ou « de la liberté de la presse parce que je n’ai rien à écrire ».
Cette nuit, l’ensemble du réseau ferroviaire allemand a été bloqué, aucun train ne circulait plus. La Deutsche Bahn, l’exploitant, a mis à l’arrêt la totalité des trains en raison d’un problème de communication survenu vers 22 h 30. En cause: une panne massive sur le GSM-R (Global System for Mobile communications – Railways), le réseau numérique qui met en relation les agents de conduite avec les tours de contrôle ferroviaires.
À partir de 1993, l’UIC (Union internationale des chemins de fer) a choisi la technologie GSM pour améliorer les communications des trains et l’interopérabilité entre pays. Le système radio a été choisi pour remplacer les systèmes filaires longeant les voies. En Europe, les réseaux sont hétérogènes et on compte pas moins de 35 systèmes différents. Le projet AIRENE a permis d’unifier les chemins de fer européens autour d’une plateforme unique basée sur le GSM-R. On passe ainsi d’un système filaire à un système de tours relais : ces antennes, placées le long des voies, sont espacées de 3 à 4 km. Cette segmentation du réseau permet de sécuriser les déplacements des trains, une cellule unique étant attribuée à chaque train. Si le train perd la communication avec le réseau, il s’arrête.
Le problème, c’est que ce système, bien que sécurisé, est centralisé. Ainsi, si un problème touche le nœud central, comme cela a été le cas la nuit dernière, c’est l’ensemble du réseau qui est paralysé. S’agit-il d’un bug de fonctionnement ? Une attaque ? Une mise à jour logicielle ? Une panne de 2 h 30 pour laquelle la Deutsche Bahn n’a pas encore communiqué explicitement la cause. Une telle interruption de trafic est-elle possible en France? Si l’architecture européenne est similaire, elle n’est pas forcément reproductible. Chaque pays dispose en effet de redondances et de procédures qui diffèrent.
Si le système actuel semble faillible, il est rassurant de savoir que d’ici 2035, le réseau GSM-R sera progressivement remplacé en France par le FRMCS, une technologie s’appuyant sur les communications 5G. Au lieu d’utiliser des segments sur la voie, ce qui introduit de longues distances entre les trains pour sécuriser le trafic, le FRMCS, également appelé CBTC (Communication-Based Train Control) ailleurs, implique un concept de bulle de sécurité autour de la rame qui transmet son positionnement, sa vitesse et sa direction à des intervalles de 90 secondes ou moins entre l’ordinateur central et les autres trains. Ce système plus dynamique augmente la fluidité au sein du réseau et permet une montée en charge du trafic et des vitesses plus importantes.
Si le CBTC est l’avenir du rail, il n’en demeure pas moins exempt de défauts. Plusieurs surfaces d’attaques sont d’ores et déjà identifiées, comme le brouillage des communications radio, la réplication des relais ou encore des positions fantômes. Il ne s’agit pas de situations théoriques, mais d’incidents réels, comme à Shenzhen, en Chine, où un blackout du Wi-Fi a provoqué des perturbations, ou encore en Pologne en 2023, où un simple émetteur de 30 dollars a interrompu la circulation d’une vingtaine de trains.
Si elle améliore la circulation, la numérisation du réseau ferroviaire entraîne avec elle la fragilisation d’un réseau stratégique à l’échelle nationale.
C’est en 1999, dans la petite ville de Taylor, au Texas, qu’un fermier a décidé de faire don de ses terrains à la fondation « Texas Parks and Recreation ». Aujourd’hui, cette surface de 35 hectares, vendue par la municipalité pour la somme de 10 millions de dollars, va être transformée en centre de données.
En 1999, M. Bland, fermier de son état, constate que les enfants de ses voisins n’ont pas de terrain pour jouer. Dans un élan de générosité, il décide alors de donner ses terres à une fondation afin qu’elle en assure la sauvegarde et qu’elle y crée une plaine de jeux. Il en informe ses voisins et procède à l’enregistrement de sa donation, pour laquelle il est facturé 10 dollars. En 2003, la fondation « Texas Parks and Recreation » qui a acquis le terrain le cède à une autre fondation du Texas, la « Williamson County », qui, un mois plus tard, le cède à la ville de Taylor. En 2008, soit cinq ans plus tard, la ville décide de vendre le terrain à une entreprise de développement, la « Taylor Economic Development Corporation (TEDC) », implantée à Taylor depuis 1994. Enfin, contre toute attente, en 2025, l’entreprise le cède à « Blueprint Data Centers » pour 10 millions de dollars.
Pour les voisins directs de la future installation, c’est la douche froide. La petite communauté s’indigne d’une part du non-respect des volontés du fermier, et d’autre part des problèmes de santé et de l’impact sur l’énergie, l’eau et le bruit que pourrait entraîner l’implantation de centres de données. La ville, elle, assure que tout sera fait pour limiter les nuisances et met en avant les 30 millions de dollars de taxes qui devraient tomber dans ses caisses au cours de la prochaine décennie. Même si son pouvoir est limité, elle n’a pas encore délivré de permis au promoteur du projet.
Le Japon semble intéressé par de nouvelles implantations de centres de données en France, notamment en raison de la grande disponibilité de l’énergie fournie par les centrales nucléaires. Cette nouvelle a suscité l’engouement des techno-solutionnistes libéraux de l’Hexagone. Outre-Atlantique, ces derniers mois ont vu s’affirmer une tendance aux antipodes du rêve français. Les Américains s’opposent de plus en plus à la construction de nouveaux centres de données, une demande qui a explosé avec l’avènement de l’intelligence artificielle. Ce revirement de l’opinion publique terrifie littéralement les entreprises de la tech.
Datacenters aux USA Via opengridworks
Le dernier sondage de Heatmap pro indique que 71 % des Américains seraient prêts à s’opposer à tout projet de datacentres à proximité de leur domicile, dont 55 % affirment une opposition forte. Cette opposition est d’autant plus marquée chez les jeunes (18-34 ans). Neuf mois plus tôt, ils étaient 43 % à plébisciter de nouvelles constructions. À Monterey Park, en Californie, 86 % de la population a voté pour une interdiction définitive de toute implantation.
Alors que les progrès de l’intelligence artificielle font de plus en plus souvent la une, les centres de données se sont implantés ici et là dans les zones rurales, entraînant avec eux une explosion de la facture électrique, une raréfaction de l’eau, une diminution de la qualité de l’air, une augmentation du niveau de pollution sonore et même une hausse de la température à proximité directe des bâtiments.
Seuls les centres de données d’intelligence artificielle ont consommé 1 billion de litres d’eau aux États-Unis en 2025, une consommation annuelle qui frôle celle de deux millions d’Américains. Chaque jour, cette industrie consomme 2 trillions de litres, soit l’équivalent de la quantité d’eau mise en bouteille chaque jour dans le monde. Ce qui accentue la pression hydrique sur des terres dont 63 % sont actuellement en proie à la sécheresse. Cette industrie monopolise aujourd’hui 1,5 % de la consommation électrique mondiale, mais c’est la perspective d’avenir qui est problématique, avec, en 2030, des prévisions qui tablent au minimum sur un doublement de la consommation, soit 945 térawatt-heures. Soit la consommation annuelle de trois États : le Pakistan, le Nigeria et le Bangladesh. Une énergie qui alimente aujourd’hui 650 millions de personnes. Quant à l’empreinte au sol, elle devrait atteindre 15 000 km2, soit neuf fois la taille de Londres. Une série de prévisions désastreuses pour l’empreinte carbone, et donc pour le climat.
Ce sentiment de rejet, qui a gagné la population, est d’autant plus exacerbé par les licenciements massifs récents, le gel des salaires, les intrusions de plus en plus marquées dans la vie privée et la mise en place de plans de surveillance de masse. À l’inflation, à l’envolée du prix du pétrole et à l’augmentation des polices d’assurances s’ajoutent, pour certains ménages, l’explosion de leurs charges en eau et en électricité.
En 2026, la moitié des centres de données qui devaient ouvrir cette année ont été soit annulés, soit reportés. Alors que les géants de l’intelligence artificielle sont engagés dans une véritable course, certains, comme Meta, sont réduits à construire des dizaines de chapiteaux dont certains peuvent dépasser 11 000 m2 et sont alimentés par des générateurs de 200 mégawatts. Ainsi, des circuits valant plusieurs milliards de dollars sont abrités sous de simples tentes.
Selon une récente étude de Cloudflare, les « bots » sont désormais plus nombreux à parcourir le Web que les humains, et les agents IA monopolisent 57 % du trafic Internet, contre 42 %. Les agents IA sont désormais omniprésents, de la recherche comparative de vols aériens à l’assistant personnel ; l’ogre insatiable dévore le Web. Le trafic de ces « bots » explose particulièrement sur le territoire de Gibraltar, où ils drainent plus de 92 % des requêtes, suivis par Singapour qui rivalise avec l’Iran (76 %).
Enfin, il y a l’énorme levier économique mis en œuvre par les États-Unis, qui dépensent des milliards de dollars pour conserver leur hégémonie, notamment face à la Chine. Un enjeu national dont les fonds privés sont alimentés par les fonds de pension, le secteur de l’assurance, etc. Des fonds de plus en plus colossaux qui alimentent les quelque 5 381 datacentres des États-Unis, soit douze fois plus qu’en Chine. Et au bout du chemin, une bulle économique qui ne demande qu’à exploser.
Plutôt que d’acheter un nouveau portable quelques bricoleurs se lancent dans la création de leurs propres moutures généralement à base de Raspberry Pi, le résultat est plutôt impressionnant.
Microsoft ne bénéficie plus vraiment d’une dynamique positive. Au fil du temps, l’entreprise s’est quelque peu égarée :
Tout d’abord, la simplification de son interface dans le but de rendre ses fonctionnalités accessibles aux néophytes, à l’image d’Apple, a finalement alourdi l’interface. Que ce soit les menus ou les options, ils s’empilent sans fin. Un simple exemple, il ne faut pas moins de sept clics pour modifier une adresse IP. L’héritage des versions précédentes fait que l’interface manque d’uniformité. Cette inconsistance est notable jusque dans l’affichage des icônes. Auparavant associés aux principales fonctions « créer, ouvrir, sauver, partager, imprimer », ils s’affichent aujourd’hui à chaque ligne de menu en arborant souvent une forme différente d’une application à l’autre. Un fondamental qui date pourtant de 1992. Autrefois innovante et créative, la firme de Redmond paraît aujourd’hui en panne d’inspiration.
Microsoft a beaucoup investi dans l’Intelligence Artificielle. Cependant, son intégration forcée ne fait pas l’unanimité. Les utilisateurs ne semblent pas apprécier la présence systématique d’outils d’IA dans leur environnement. Ce rejet soulève des questionnements, notamment de la part de Satya Nadella, CEO de Microsoft, ainsi que de Kevin Scott, CTO de l’entreprise. Ces derniers annonce une année pivot pour l’IA notamment l’intégration de nouveaux produits comme « Agent Launchers », qui permettra la création d’agents IA capables d’interagir avec vos données et applications. L’intégration de Copilot est maintenant omniprésente dans toutes les solutions du serveur au client; au point de renommer la suite Office en « Microsoft 365 Copilot app ». Il est vrai que des progrès notables ont été réalisés en terme de consommation d’énergie et des ressources, mais la demande en eau et en électricité des datas centers ne cesse de progresser, au détriment des particuliers.
Les belles promesses annoncées par Sam Altman dans son « age de l’intelligence » trouvent désormais une résonnance particulière dans le terme « Slop » qui désigne « un contenu de pauvre qualité généré par une intelligence artificielle« .
Bannière sur Office.com qui devient Microsoft 365 Copilot App
Au fil du temps, Windows est devenu très gourmand en ressources. La présence d’outils de tracking et de télémétrie consomme beaucoup de mémoire, à tel point qu’il faut désormais plus de 3,5 Go de RAM pour faire tourner le système. Sont aussi en cause, l’intégration de la couche Xbox et les nombreux logiciels préinstallés qualifiés de « bloatwares ». Ce mille-feuilles impacte les performances des machines et ajoute de la confusion dans les menus.
Tom’s Hardware a récemment testé les six dernières générations de l’OS, de Windows XP à Windows 11. La dernière version arrive le plus souvent bonne dernière :
Démarrage : Windows 8.1 est la version la plus rapide, tandis que Windows 11 est la plus lente.
Stockage : Windows XP nécessitait 19 Go d’espace disque, Windows 11 en réclame désormais 38 Go, contre 44 Go pour Windows 7.
Mémoire : Windows XP consommait 0,8 Go de RAM, alors que Windows 11 peut atteindre 3,7 Go, voire 5 Go en utilisation, notamment avec un navigateur chargé.
Applications : Windows 11 est aussi le plus lent pour ouvrir cinq applications simultanément (Explorateur de fichiers, MSPaint, Calculatrice, Lecteur Adobe PDF et VLC).
Benchmarks : La plupart du temps, Windows 11 termine dernier sur l’ensemble des tests.
Autrefois système privilégié pour le jeu, Linux est aujourd’hui souvent plus performant pour l’exécution des jeux vidéo. Quelques nuances cependant :
Les dernières architectures, notamment Harrow Lake H, tirent d’avantage parti de Windows, qui s’en sort mieux à configuration égale face à Linux. Une avance qui devrait encore s’accroitre avec l’arrivée des chipset Intel 18A « Panther Lake » (77% de performance supplémentaire par rapport à du « Lunar Lake »).
La compatibilité des jeux sous Linux s’élève à environ 80 %, mais elle ne représente que 3,2% en terme de « marketshare » et surtout certains jeux multi-joueurs très populaires comme « Bayonetta », « League of Legends » ou « Fortnite » ne sont utilisables que sous Windows.
Nombreux sont les utilisateurs souhaitant aujourd’hui basculer sous Linux. Ce dernier présente aujourd’hui des interfaces rapides et performantes et offre sécurité et confidentialité des données. Il convient pour une utilisation quotidienne classique. À condition toutefois de ne pas avoir peur des imperfection logiciels ou de mettre les mains dans le terminal pour adapter une configuration. Quant à Windows, il conviendra mieux aux créateurs du fait de son incomparable bibliothèque de logiciels et de sa flexibilité en termes d’intégration de périphériquesexternes.
En novembre 2025 les statistiques de référence de « statcounters » donnait pour les ordinateurs de type desktop 66,5% de part de marché pour les systèmes à base de Windows, et loin derrière 8% d’OS X, 4,7% de MacOS, 3,8% de Linux et 1,3% de chrome OS.