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Espace

Une exoplanète avec des nuages de roches


Un exoplanète dont l’atmosphère est composée de nuages de roches a été découvert par la NASA à l’aide du télescope James Webb.

Située dans la constellation du Microscope, à 700 années-lumière de la Terre (6,62 × 10¹⁵ km), se trouve WASP-94 A b, une exoplanète géante gazeuse qui orbite autour d’une étoile de type F (plus chaude que le Soleil, qui est une étoile de type G, de couleur blanche à jaune pâle et plus brillante). Bien que sa masse soit moitié moindre que celle de Jupiter, avec qui elle partage la caractéristique d’être une énorme boule de gaz, elle est presque deux fois plus grosse que cette dernière. Elle orbite à 8 millions de kilomètres de son étoile ; à titre de comparaison, Mercure, la planète la plus proche du Soleil, orbite à 58 millions de kilomètres de ce dernier. Les températures sur WASP-94 A b sont donc extrêmement élevées : à midi, elles dépassent les 1 000 °C. Comme pour Vénus, Uranus ou encore Pluton, cette géante gazeuse a une orbite rétrograde. Il lui faut environ quatre jours pour faire le tour de son étoile. Cette exoplanète a été détectée pour la première fois en 2014.

Lorsqu’elle transite devant son étoile hôte (vue depuis la Terre), une partie de la lumière stellaire traverse son atmosphère, où elle peut être absorbée ou diffusée. Les observations de transit permettent de déterminer la composition atmosphérique de la géante gazeuse. Dans le cas de WASP-94 A b, les informations recueillies lors du transit sont suffisamment précises pour permettre d’en extraire des données entre le soir et le matin.

Le matin, l’atmosphère est chargée de nuages de roches. Il s’agit de silicate de magnésium, composé de silicium, d’oxygène et de magnésium. Il est également connu sous le nom de sels de magnésium, d’acides siliciques ou de « néosilicates ». Il est insoluble dans l’eau, d’une dureté moyenne, de couleur blanche et d’aspect vitreux. On le trouve également sur terre sous forme de minéraux et il est présent un peu partout dans la croûte terrestre. Le plus connu de ces silicates est probablement celui dont on tire le talc par broyage. Si ces roches sont présentes dans l’atmosphère plus froide du matin, elles disparaissent le soir, probablement vaporisées par les températures extrêmes auxquelles la planète est exposée.

Loin de l’image des rochers flottants de Pandora dans le film Avatar, les roches en suspension sont des particules dont les plus grosses n’excèdent probablement pas 10 μm. Les particules plus petites, quant à elles, restent en suspension beaucoup plus longtemps et nécessitent un flux atmosphérique descendant ou une évaporation au cours de la journée pour être éliminées.

Source : Exoplanet.EU, iop.org, Science.org

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